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Environnement, Nature, Santé 9 septembre 2010 | 15:55 | 1 commentaire

Des sangliers radioactifs en Allemagne

On a quand même de la chance que le nuage c’est arrête à la frontière il y a 25 ans. D’ailleurs, aucune étude n’a été faite ou demandé sur nos animaux sauvages… Bonne chance aux chasseurs, et surtout, bon appétit !

Le sanglier radioactif, une vraie cochonnerie

Der Spiegel le 9 septembre 2010

Près de vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, une bonne partie des sangliers allemands sont encore légèrement radioactifs. Un problème qui coûte de plus en plus cher à l’Etat. Selon le ministère de l’Environnement, près de 425 000 euros ont été versés aux chasseurs de sanglier qui ne peuvent ni vendre ni consommer leur gibier. La loi allemande sur l’énergie atomique stipule en effet que le gouvernement doit dédommager les chasseurs qui ont tué des animaux contaminés. Ces subsides ont quadruplé depuis 2007, notamment en raison de l’explosion de la population de sangliers ces deux dernières années – une situation due à l’essor de la culture du maïs et à la douceur des hivers.

Près de 650 000 sangliers ont été tués pendant la saison 2008-2009 contre 287 000 l’année précédente. Une grande partie de ce gibier atterrit dans des restaurants des quatre coins d’Allemagne. Il est toutefois interdit de vendre de la viande contenant des taux importants de césium 137. Tout animal dont les taux de contamination sont supérieurs à 600 becquerels par kilogramme doit être jeté. Or dans certaines régions, en particulier dans le Sud, les sangliers présentent généralement des niveaux bien plus élevés. D’après le ministère de l’Environnement, la contamination moyenne d’un sanglier tué dans la forêt de Bavière, à la frontière de la République tchèque, est de 7 000 becquerels par kilogramme.

Les sangliers ont une prédilection pour les champignons et les truffes, qui absorbent particulièrement bien les substances radioactives. De fait, alors que la radioactivité de certains végétaux va continuer à diminuer au cours des prochaines années, celle de certaines espèces de champignons devrait rester stable, voire augmenter légèrement, même un quart de siècle après Tchernobyl. “Dans les régions les plus touchées, on contrôle la radioactivité de tous les sangliers tués”, fait savoir Andreas Leppmann, de la Fédération allemande de la chasse. A elle seule, la Bavière est équipée de 70 stations de mesure.

Depuis un an et demi, les chasseurs bavarois testent des façons de réduire les quantités de césium 137 absorbées par leur gibier. L’ingestion de sel de Giese, un dérivé du bleu de Prusse, a la propriété d’accélérer l’élimination des substances radioactives. Après l’explosion de Tchernobyl, il a été utilisé pour réduire le taux de radiations chez des animaux de ferme.

Un projet pilote lancé en Bavière il y a un an et demi a permis de faire significativement reculer le nombre d’animaux contaminés, mais le problème est loin d’être résolu.

On en a au moins pour cinquante ans,

résume Joachim Reddemann, spécialiste de la radioactivité chez les sangliers. Charles Hawley,

Le nombre d’animaux contaminés au césium depuis Tchernobyl est en augmentation en Bavière

par Russell Cheyne pour Reuters le 11 août 2010

Ça n’est pas un gag – près de 25 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les sangliers allemands demeurent fortement contaminés par les retombées radioactives de la centrale ukrainienne. Et les compensations payées par le gouvernement aux chasseurs sont en augmentation.

424 650 euros. D’après le ministère de l’Environnement, c’est la somme que Berlin a payé l’an dernier aux chasseurs et associations de chasse pour éviter que de la viande de sanglier fortement contaminée soit vendue sur les marchés. En 2006, ces compensations ne représentaient que 240 000 euros.

Une radioactivité dix fois supérieure aux normes

A l’origine de cette augmentation: la forte multiplication du nombre de sangliers dans le pays, et le fait que leur nourriture, notamment les champignons, demeure fortement contaminée au césium. Ces particules radioactives se sont répandues sur une grande partie de l’Europe de l’ouest après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, rapporte l’Agence fédérale allemande pour la protection contre la radioactivité.

Dans certaines régions, notamment dans le sud du pays, la radioactivité des sangliers est de dix fois supérieure aux normes,

raconte Florian Emrich, porte-parole de l’Agence.

Jusqu’à 1300 becquerels par kilo

« Personne n’est rendue gravement malade par la consommation de viande de sanglier », indique encore Florian Emrich. Mais dans les régions à risque, les chasseurs sont tenus de faire analyser les sangliers abattus pour que leur viande puisse éventuellement être retirée de la circulation, par mesure de précaution.

D’après l’Office pour la santé et la sécurité alimentaire de Bavière, 9 des 56 sangliers analysés l’an dernier avaient ainsi un taux de césium bien supérieur aux 600 becquerels par kilo de viande autorisé pour la consommation. Atteignant jusqu’à… 1300 becquerels par kilo.

Un commentaire

  1. lankou dit :

    Je ne suis pas surpris de l’omerta qui sévit dans notre pays. Les vétérans des essais nucléaires ont bien eu des difficultés à faire avouer au gouvernement lobiste la nocivité pour les
    populations et l’environnement. Nos seigneurs ne reconnaissent que 13 maladie contre 24 dans d’autres pays comme les problèmes cadio-vasculaire récurents chez tous les travailleurs de démentellement de sous-marin en Russie, pis encore, une zone angulaire définie à compter de la zone de tir, un comité d’indemnisation bidon interdisant toute voies juridique.
    Alors pas de problème pour les sangliers et autres qui passent la frontières ils pouront être consommés en France ou tout est propre.

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